Le régulateur irlandais des médias, la Coimisiún na Meán, a ouvert une enquête formelle visant le réseau social X (l’ancien Twitter, propriété d’Elon Musk). En cause : des mineurs pourraient accéder trop facilement à des contenus réservés aux adultes, faute de vérification d’âge suffisamment efficace. C’est la toute première procédure de ce type ouverte par l’autorité irlandaise depuis l’entrée en vigueur de son code de sécurité en ligne.
Ce que le régulateur reproche à X
L’enquête cible précisément la manière dont la plateforme filtre l’accès aux contenus vidéo réservés aux adultes, notamment les images à caractère pornographique ou les vidéos d’une violence extrême. Selon la Coimisiún na Meán, les mécanismes de vérification de l’âge mis en place par X ne permettraient pas d'empêcher efficacement les utilisateurs mineurs d’y accéder. La procédure s’appuie sur le code de sécurité en ligne irlandais, entré en application en octobre 2024, mais aussi sur les obligations plus larges fixées par le règlement européen sur les services numériques (DSA), qui impose aux grandes plateformes de protéger les utilisateurs les plus vulnérables.
Des sanctions potentiellement lourdes
Si l’infraction est confirmée au terme de l’enquête, X s’expose à une amende pouvant atteindre 10 % de son chiffre d’affaires annuel mondial, ou 20 millions d’euros si ce second montant s’avère plus élevé. L’Irlande joue un rôle particulier dans ce type de dossier : de nombreuses grandes plateformes numériques y ont établi leur siège européen, ce qui fait de son régulateur un acteur central de l’application du DSA à l’échelle du continent.
- Autorité en charge : Coimisiún na Meán (régulateur irlandais des médias)
- Motif de l’enquête : vérification d’âge jugée insuffisante face aux contenus adultes
- Textes invoqués : code de sécurité en ligne irlandais + règlement européen DSA
- Sanction maximale encourue : 10 % du chiffre d’affaires mondial ou 20 millions d’euros
Un contrôle renforcé sur toutes les plateformes
Cette enquête s’inscrit dans un mouvement plus large de durcissement du contrôle parental et de la vérification d’âge sur les grandes plateformes sociales, qui touche aussi bien les réseaux généralistes que les applications de rencontre, où la vérification par vidéo s’impose désormais face aux faux profils. En France, le débat autour de la protection des plus jeunes sur les réseaux avait déjà connu un épisode marquant lorsque le Conseil constitutionnel avait retoqué une loi visant à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Plus largement, cette pression réglementaire s’ajoute à celle que les utilisateurs eux-mêmes exercent pour reprendre la main sur leur fil d’actualité face à des plateformes jugées trop peu protectrices.
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Questions fréquentes
Pourquoi l’Irlande enquête-t-elle sur X et pas un autre pays ?
De nombreuses grandes plateformes numériques ont établi leur siège européen en Irlande, ce qui donne à son régulateur, la Coimisiún na Meán, la compétence pour ouvrir ce type d’enquête au nom de l’Union européenne.
Que risque concrètement X si l’enquête aboutit ?
Une amende pouvant représenter jusqu’à 10 % de son chiffre d’affaires annuel mondial, ou 20 millions d’euros si ce montant est supérieur, ainsi que des obligations de mise en conformité.
Cette enquête concerne-t-elle uniquement X ?
Non : elle s’inscrit dans un contrôle plus large de la vérification d’âge sur l’ensemble des grandes plateformes sociales, sous l’effet conjugué des lois nationales et du règlement européen DSA.
Sources
Next.ink,
Investing.com,
Business World
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