Consigne pour réemploi des emballages : pourquoi le dispositif ReUse peine encore à convaincre

La consigne pour réemploi des emballages devait rendre nos courses plus écologiques sans effort. Un an après le lancement du dispositif ReUse dans quatre régions françaises, le bilan est en demi-teinte : les bouteilles consignées reviennent bien en magasin, mais deux fois moins que prévu. De quoi éclairer sur les vrais freins au réemploi, avant un déploiement national annoncé pour 2027.

Le bilan chiffré d’un an d’expérimentation

Porté par l’éco-organisme Citeo depuis juin 2025, ReUse réunit aujourd’hui 362 magasins, six enseignes et 52 marques autour d’une même boucle de réemploi. En un an, 663 000 produits en emballages consignés ont été mis sur le marché, dont 518 000 vendus. Résultat : environ 108 000 contenants ont été effectivement rapportés, soit un taux de retour moyen de 24 % — loin des 50 % initialement espérés, même si certaines catégories comme le jus de fruits bio, le lait ou l’eau dépassent les 60 % de retour. Le dispositif est jugé suffisamment concluant pour valider le principe d’un système standardisé et interopérable, en vue d’un passage à l’échelle nationale.

Ce que révèle l’enquête de terrain

Sur le terrain, une enquête menée par les groupes locaux de Zero Waste France dans 74 super et hypermarchés (Normandie, Bretagne, Pays de la Loire, Hauts-de-France) pointe plusieurs freins concrets. Un magasin sur dix ne proposait tout simplement aucun produit en emballage réemployable en rayon, et l’offre reste anecdotique : 9 références consignées en moyenne, à comparer aux quelque 4 000 produits alimentaires habituellement disponibles en supermarché. Autre obstacle : la lisibilité du dispositif pour le consommateur. Dans 63 % des magasins visités, la signalétique expliquant la démarche, le montant de la consigne ou son remboursement était incomplète, et la machine de déconsignation était difficile à localiser dans 29 % des cas.

Le frein du prix, plus fort que prévu

Au-delà de la disponibilité, c’est souvent le prix qui dissuade les consommateurs, même consigne déduite : les enquêteurs relèvent des surcoûts allant de +12 % pour le vin jusqu’à +230 % pour l’eau en bouteille consignée par rapport à l’équivalent à usage unique. Zero Waste France demande désormais aux pouvoirs publics d’imposer aux éco-organismes une part minimale de 5 à 10 % de l’éco-contribution consacrée au réemploi, ainsi que des règles plus contraignantes pour les acteurs qui pilotent ces dispositifs.

Un cadre réglementaire qui monte en puissance

Ce bilan mitigé intervient alors que la pression réglementaire s’accentue : la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC) fixe un objectif de 10 % d'emballages réemployés en France d’ici 2027, tandis que le règlement européen PPWR sur les emballages, entré en application en août 2026, impose de son côté des objectifs ambitieux de recyclage. Le réemploi n’est d’ailleurs qu’un pan d’un mouvement plus large vers une consommation plus sobre, aux côtés du développement du vrac ou, dans l’habillement, du nouveau malus contre la fast fashion. Autant de dispositifs qui misent sur des changements d’habitudes progressifs plutôt que sur la contrainte pure.

Retrouvez d’autres pistes concrètes pour réduire son impact au quotidien dans la rubrique Ecologie – Bio, ou nos conseils pratiques dans Comment faire ?.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le dispositif ReUse ?

C’est une expérimentation portée par Citeo depuis juin 2025 dans quatre régions françaises, qui propose des bouteilles et bocaux consignés en supermarché pour tester un réemploi à grande échelle.

Pourquoi le taux de retour des emballages consignés reste-t-il faible ?

Le taux de retour moyen atteint 24 %, freiné par un manque de visibilité en rayon, une signalétique souvent incomplète et un surcoût parfois important par rapport aux emballages à usage unique.

La consigne va-t-elle être généralisée en France ?

Un déploiement national est envisagé pour 2027, en cohérence avec l’objectif fixé par la loi AGEC de 10 % d'emballages réemployés à cette échéance.

Sources

Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale

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