Le vrac et réemploi restent-ils un simple effet de mode ou s’installent-ils durablement dans les habitudes des Français ? Le deuxième baromètre du secteur, publié par le cabinet Deloitte pour le Réseau Vrac & Réemploi et présenté au salon reUse Expo à Paris, apporte enfin des chiffres précis sur la réalité de cette consommation responsable. Le constat est nuancé : l’intérêt des consommateurs reste fort, mais les habitudes d’achat progressent moins vite que prévu.
Un tiers des Français a déjà acheté en vrac ou en consigne
Selon une étude NielsenIQ réalisée pour le Réseau Vrac & Réemploi, 32 % des ménages français ont acheté au moins un produit en vrac ou en consigne alimentaire au cours des douze derniers mois. Certaines familles de produits progressent nettement : les épices en vrac gagnent 3,5 points et les biscuits 3,3 points entre 2024 et 2025. Un signal encourageant, porté par une inquiétude climatique largement partagée puisque 71 % des Français se disent inquiets ou très inquiets face au changement climatique.
Le paradoxe des rayons vrac en magasin
Le baromètre révèle pourtant un recul côté distribution : le taux d’équipement des hypermarchés et supermarchés en rayons vrac est retombé à 50 %, après avoir atteint un pic à 75 % il y a quelques années. Beaucoup d’enseignes ont réduit la voilure faute de rentabilité suffisante de ces rayons. Premier frein cité par les consommateurs eux-mêmes : 32 % jugent que le prix au kilo des produits en vrac reste plus élevé que celui des produits préemballés, ce qui freine la bascule des habitudes malgré l’intérêt affiché.
Le réemploi des emballages progresse plus vite
À l’inverse, le réemploi des emballages (bouteilles, bocaux, seaux consignés) affiche une dynamique plus nette : 24,2 millions de contenants ont été lavés et remis sur le marché en 2024, avec une hausse de 45 % attendue d’ici la fin 2026. Près de 1 000 points de collecte sont désormais actifs dans la grande distribution alimentaire. Le taux de retour des emballages consignés varie fortement selon le canal : entre 15 et 30 % en magasin physique, contre 95 % pour la livraison à domicile, un circuit plus maîtrisé de bout en bout.
Ce qu’il faut retenir pour ses propres achats
- Le vrac reste intéressant sur les produits secs à forte rotation (épices, céréales, légumineuses), là où l’écart de prix se resserre
- Les systèmes de consigne à domicile affichent les meilleurs taux de retour : à privilégier quand l’option existe près de chez soi
- Comparer le prix au kilo reste le réflexe le plus utile avant de conclure que le vrac coûte automatiquement plus cher
- La présence d’un rayon vrac dans un magasin n’est plus garantie partout : mieux vaut vérifier avant de s’y déplacer spécialement
Ces évolutions s’inscrivent dans une tendance plus large vers une consommation plus responsable, que l’on retrouve aussi dans les rayons dédiés aux commerces de proximité et dans les nombreux gestes du quotidien qui permettent de réduire ses déchets sans bouleverser son budget.
Questions fréquentes
Le vrac coûte-t-il vraiment plus cher que les produits emballés ?
Pas systématiquement : l’écart dépend fortement du produit. Sur certaines familles comme les épices ou les céréales, le vrac reste compétitif ; sur d’autres, l'emballage industriel permet parfois des prix plus bas grâce aux volumes.
Pourquoi les rayons vrac disparaissent-ils dans certains supermarchés ?
Le baromètre pointe une rentabilité insuffisante pour certaines enseignes, entre coût de gestion des silos, pertes produits et fréquentation parfois plus faible qu’espéré, ce qui a conduit plusieurs magasins à réduire leur surface dédiée.
Qu’est-ce que le réemploi d'emballages, concrètement ?
Il s’agit de bouteilles, bocaux ou contenants collectés après usage, lavés puis remis en circulation pour un nouveau remplissage, plutôt que recyclés ou jetés après un seul usage.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale