Le poulet s’impose plus que jamais dans les assiettes françaises. Mais derrière cet appétit grandissant se cache un paradoxe : la France produit de moins en moins de la viande qu’elle consomme, et doit compter sur les importations pour combler l’écart. Décryptage en chiffres.
Un appétit pour le poulet qui ne faiblit pas
Selon les données de l’interprofession Anvol, chaque Français a consommé en moyenne 31,7 kg de volaille en 2025, un record. Le poulet, à lui seul, représente l’essentiel de cet appétit avec 25,6 kg par habitant, soit plus de 80 % des volailles de chair consommées dans l’Hexagone.
La progression est rapide : la consommation de poulet a bondi de +5,6 % en 2025 par rapport à 2024, contre +3,3 % pour l’ensemble des volailles. Un rythme de croissance que peu d’autres viandes affichent aujourd’hui en France.
Une dépendance croissante aux importations
Ce succès profite pourtant de moins en moins aux élevages français. Le taux de dépendance aux importations pour l’ensemble de la volaille est passé de 35,6 % en 2018 à 43,7 % en 2025. Pour le poulet spécifiquement, le taux d’auto-suffisance français a reculé de 70,7 % en 2024 à 67 % en 2025.
Plus frappant encore : depuis le début de l’année 2026, plus d’un poulet sur deux consommé en France est importé (52,4 %), selon les données croisées de l’Itavi et des douanes françaises relayées par Anvol. Les volumes importés ont progressé de +9,5 % en 2025, et de près de 37 % entre 2019 et 2024, soit environ 222 000 tonnes supplémentaires arrivées sur le marché français.
Pourquoi cet écart se creuse
- La demande des consommateurs augmente plus vite que la production nationale ne peut suivre.
- Les élevages français doivent respecter des normes environnementales et de bien-être animal plus strictes, qui pèsent sur les coûts de production.
- Les filières exportatrices concurrentes bénéficient de coûts de production souvent inférieurs, ce qui rend leurs volumes plus compétitifs sur le marché européen.
Ce que ça change pour les consommateurs
Pour les foyers attentifs à l’origine de leur alimentation, la vigilance porte désormais sur l’étiquette : l’indication du pays d’élevage et d’abattage permet de repérer un poulet réellement Origine France. Ce sujet dépasse d’ailleurs la seule gastronomie : il touche aussi à des enjeux d’économie et de souveraineté alimentaire, un thème que l’on retrouve également du côté de l’écologie et du bio, où la relocalisation des filières est un argument régulièrement mis en avant.
Questions fréquentes
Pourquoi la consommation de poulet augmente-t-elle autant en France ?
Le poulet reste une viande perçue comme abordable, facile à cuisiner et moins marquée par les controverses environnementales que le bœuf, ce qui explique son attrait croissant auprès des consommateurs.
Comment savoir si un poulet est français au moment de l’achat ?
L’étiquette doit mentionner le pays d’élevage et celui d’abattage. Un poulet réellement français porte la mention « Élevé en France » ou un logo Origine France, contrairement aux volumes importés qui affichent l’origine du pays exportateur.
Cette dépendance aux importations concerne-t-elle toutes les volailles ?
Non, le phénomène est particulièrement marqué pour le poulet. D’autres volailles, comme la dinde ou le canard, affichent des taux d’auto-suffisance différents selon les filières et les usages (rôtis entiers, produits élaborés, etc.).
Sources
Anvol – Volailles : la consommation s’envole
Anvol – Importations : le déferlement de poulets continue en France
ConsoGlobe – Poulet : plus d’un sur deux consommé en France est importé
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale