TikTok vient d’accepter de plafonner à deux heures par jour l’utilisation de son application par les adolescents de 13 à 17 ans, dans le cadre d’un accord signé avec l’État américain de l’Alabama. Cette décision, qui évite de justesse un procès retentissant, s’inscrit dans une vague de mesures prises par les grandes plateformes pour encadrer l’usage des réseaux sociaux chez les plus jeunes.
Un accord pour éviter un procès
L’accord a été annoncé vendredi par le procureur général de l’Alabama, Steve Marshall, alors qu’un procès devait s’ouvrir dès le lundi suivant à Montgomery. TikTok versera au minimum 100 millions de dollars de dommages et intérêts, une somme qui pourrait grimper jusqu’à 300 millions de dollars si d’autres États américains rejoignent un accord similaire. La plainte de l’Alabama s’inscrit dans une vague plus large de poursuites visant les réseaux sociaux pour les effets de leurs algorithmes sur la santé mentale des jeunes utilisateurs : plus d’une dizaine d’autres États, dont la Californie et New York, maintiennent encore des actions en justice contre l’application.
Ce que prévoit concrètement l’accord
Au-delà de la limite quotidienne de deux heures, plusieurs mesures concrètes doivent s’appliquer aux comptes des 13-17 ans :
- Un accès coupé entre minuit et 6 heures du matin
- La suspension des notifications pendant les heures de classe
- Des invitations à faire une « pause productive » après 15, 60 puis 90 minutes d’utilisation continue
- Un renforcement de la vérification de l’âge
- L’interdiction des filtres esthétiques pour les adolescents
- La possibilité d’activer un fil d’actualité non personnalisé
Une contagion venue de Meta
L’accord signé par TikTok reprend presque à l’identique celui négocié un peu plus tôt par Meta, propriétaire d’Instagram, pour les mêmes plateformes de plainte. Des restrictions encore plus strictes — coupure nocturne étendue de 22 heures à 7 heures du matin — pourraient s’ajouter, mais seulement si Meta, Snapchat et YouTube acceptent eux aussi ce mécanisme renforcé en Alabama. Cette course à l’encadrement traduit une pression judiciaire croissante sur des plateformes jusque-là réticentes à reprendre la main sur son fil d’actualité au profit des utilisateurs eux-mêmes.
Et du côté de la France ?
Pour l’instant, cet accord ne concerne que les adolescents résidant en Alabama : aucune obligation similaire ne s’impose à TikTok en France. Le pays a pourtant tenté sa propre voie avec une loi d’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, finalement retoquée par le Conseil constitutionnel avant d’être retravaillée. Au niveau européen, c’est plutôt le futur Kids Act qui doit fixer un cadre commun pour la protection des mineurs face aux réseaux sociaux et aux chatbots dopés à l’intelligence artificielle. L’exemple américain pourrait toutefois inspirer les régulateurs européens, qui observent de près l’efficacité réelle de ces plafonds horaires une fois mis en pratique.
Questions fréquentes
Le plafond de deux heures s’applique-t-il aux adolescents français ?
Non, l’accord ne concerne pour l’instant que les comptes rattachés à l’État américain de l’Alabama. Aucune obligation équivalente ne pèse aujourd’hui sur TikTok pour ses utilisateurs français.
TikTok va-t-il payer une amende ?
L’entreprise versera au moins 100 millions de dollars de dommages et intérêts à l’Alabama, un montant qui pourrait atteindre 300 millions de dollars si d’autres États américains signent un accord comparable.
TikTok est-il la première plateforme à accepter ce type de mesures ?
Non, Meta a signé un accord similaire un peu plus tôt pour Instagram, ce qui a directement servi de modèle à celui conclu par TikTok avec l’Alabama.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale