Une simple question posée à un assistant conversationnel consomme environ dix fois plus d’électricité qu’une recherche classique sur un moteur de recherche. C’est l’un des constats qui a conduit la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du Sénat à adopter, le 16 septembre 2026, un rapport d’information consacré à l’empreinte environnementale de l’intelligence artificielle.
Porté par les sénateurs Guillaume Chevrollier, Damien Michallet et Simon Uzenat, le texte formule 16 recommandations organisées autour de trois axes : faire de l’excellence environnementale un facteur d’attractivité pour les data centers installés en France, mieux mesurer et informer sur les usages de l’IA, et encourager le développement d’une intelligence artificielle plus sobre, notamment à l’échelle européenne.
Des data centers déjà gourmands en électricité
Les chiffres publiés par le gestionnaire du réseau électrique donnent la mesure du phénomène : la France compte aujourd’hui 352 data centers en activité, pour une consommation totale d’environ 10 térawattheures par an, soit entre 2 % et 2,2 % de l’électricité consommée dans le pays. Entre 2023 et 2024, cette consommation a déjà bondi de 12 %, tandis que les émissions de gaz à effet de serre associées ont augmenté de 23 %, portées par la multiplication des serveurs équipés de processeurs graphiques très énergivores, nécessaires à l’entraînement et à l’utilisation des modèles d’IA.
Paradoxalement, le rapport du Sénat ne recommande pas de freiner l’implantation de nouveaux centres de données en France, mais plutôt d’en construire davantage sur le territoire national. L’argument : l’électricité française, largement décarbonée grâce au nucléaire et à l’hydroélectricité, permet de limiter l’impact climatique par rapport à des data centers installés dans des pays où l’électricité provient majoritairement d’énergies fossiles. Les centres français se distinguent aussi par une consommation d’eau plus frugale que leurs équivalents étrangers.
Ce que cela change concrètement pour les usagers
Pour le grand public, le rapport insiste sur un enjeu de sobriété numérique : privilégier une recherche classique à une requête d’IA générative quand elle suffit, limiter les usages redondants (poser plusieurs fois la même question pour affiner un résultat) et rester attentif au stockage de fichiers inutiles dans le cloud, lui aussi hébergé dans des data centers. Ces gestes simples s’ajoutent aux habitudes déjà recommandées pour réduire son empreinte numérique, au même titre que le réemploi des emballages dans la consommation courante.
Le texte appelle également les entreprises à mieux mesurer l’impact de leurs usages professionnels de l’IA, dans un contexte où le recours aux chatbots se généralise, y compris chez les plus jeunes. Sur le volet énergétique, la question du stockage de l’électricité renouvelable, évoquée dans un précédent dossier sur le stockage par batteries, reste un enjeu connexe pour absorber les pics de demande liés aux nouveaux data centers.
- Rapport adopté à l’unanimité le 16 septembre 2026 par la commission sénatoriale
- 352 data centers en France, 10 TWh consommés par an (environ 2 % de l’électricité nationale)
- +12 % de consommation électrique et +23 % d’émissions de gaz à effet de serre entre 2023 et 2024
- 16 recommandations, dont le développement d’une IA plus frugale au niveau européen
Questions fréquentes
Que recommande le rapport du Sénat sur l’IA et l’environnement ?
Il préconise de construire davantage de data centers en France, où l’électricité est largement décarbonée, tout en encourageant une IA plus sobre et une meilleure information des usagers sur son impact environnemental.
Pourquoi une requête d’IA consomme-t-elle plus qu’une recherche classique ?
Les modèles d’intelligence artificielle générative s’exécutent sur des processeurs graphiques très énergivores, qui consomment et chauffent davantage que les serveurs utilisés pour une recherche web traditionnelle, ce qui multiplie par dix environ la consommation électrique par requête.
Les data centers français consomment-ils beaucoup d’électricité ?
Oui : les 352 data centers en activité dans le pays consomment environ 10 térawattheures par an, soit 2 % à 2,2 % de la consommation électrique nationale, avec une croissance rapide liée à l’essor de l’intelligence artificielle.
Sources
Sénat — Rapport d’information —
L’Usine Nouvelle —
RTE France
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale